Connexion
S'enregistrer
Pause tendresse
Le petit garçon et le Routier
Voir le sujet précédent
Voir le sujet suivant
Sylvie
12.07.2010 10:05:54
Le petit garçon et le Routier
A lire jusqu au bout...
Vous touchera t elle autant qu elle m'a émue ??
Je ne crois pas qu'on se connaisse vous et moi.
Mais je suis à peu près certains qu'on a bien du se rencontrer quelque part sur la route, dans un pays quelconque, vous au volant de votre voiture, moi au volant de mon semi-remorque.
Oui, je suis routier, routier international. J'aime l'aventure et j'ai roulé ma bosse aux quatre coins du monde. J'ai passé des frontières, bouffé des kilomètres de poussières, de boue, de neige.
A cette époque là, je faisais la ligne sur les routes de Californie. C'est là que m'est arrivé cette étrange histoire.
Je venais de loin, je conduisais depuis trop longtemps et la fatigue commençait à se faire sentir. J'hésitais de réveiller le copain qui dormait dans la couchette.
Pour me tenir compagnie, j'avais branché le radio-téléphone de bord. Le mobilophone comme on l'appelait aux Etats-Unis.
C'est un appareil qui nous permet à nous autres routiers de garder le contact et à nous entraider en cas de coup dur.
Je venais à peine d'enclencher le canal 27 (en Europe c'était le 19) de la Ci Bi qui est notre fréquence habituelle, lorsque j'entends à travers la friture des ondes courtes, une petite voix lointaine qui parlait.
Une petite voix d'enfant qui appelait :
" Allo, Allo, les routiers, ici Teddy, Teddy Bear, m'entendez-vous ? Ici Teddy, Teddy Bear, m'entendez-vous ? Ici Teddy, répondez-moi !
Je basculais l'inverseur sur émission et questionnais à mon tour:
"Allo, Allo, Teddy, ici la route. D'où appelles-tu ? Que veux-tu ?
La voix du gamin répondit, un peu plus proche :
"Ici Teddy, j'appelle les routiers"
"Je t'entends, Teddy. Que veux-tu ?
"Je sui tout seul, je m'ennuie et je voudrais parler un peu avec vous. Je vous appelle sur le radio-téléphone de mon papa.
Cet été, nous avons eu un grave accident, et je suis toujours dans mon lit. Le docteur m'a dit que je pourrai peut-être remarcher un jour, mais ce sera sûrement très long.
J'habite une maison tout près de l'autoroute. Je suis souvent seul le soir car maman est serveuse dans un hôtel pour nous faire vivre. J'ai perdu mon papa dans l'accident qui a détruit son camion et qui m'a cloué au lit.
Il m'emmenait de temps en temps pour de petiotes courses. Et maintenant, il ne vient plus de routiers par ici. Alors, j'essaie de vous accrocher avec le radio-téléphone qui nous reste, pour vous parler un peu, quand vous passez sur l'autoroute."
Je ne suis pas une fillette, mais il me sembla soudain que mse yeux se brouillait, que je voyais moins bien. J'arrêtais le moteur au premier embranchement venu et sortis ma carte.
"Dis-moi Teddy, Où habites-tu exactement ?"
Le petit me situa sa maison.
J'avais de l'avance sur l'horaire, je remis en marche le bahut et je sortis de l'autoroute.
Bien que j'aifoncé pour arriver chez lui, je n'étais pourtant pas le premier.
Bon sang, six énorme bahuts m'y attendaient. Six copains avaient entendu notre conversation et m'avaient devancé, d'autres amis arrivaient encore.
Je réveillais mon copain qui n'en croyait pas ses yeux.
On est entré, on a sorti Teddy de son lit et ce fut vraiment la fête.
Chacun voulait le pôrter, l'asseoir derrière son volant, le cajoler.
Le gosse rayonnait.
On lui donna des tas de bricoles qu'on avait dans nos cabines.
ET puis, il fallait songer à repartir.
Je le remis dans son lit après l'avoir embrassé une dernière fois. Je grimpai sur mon siège et je tirai le démarreur.
J'ai vu plus d'un dur qui tournait la tête. On lui promit que chaque fois que l'on passerait sur l'autoroute, on klaxonnerait d'une certaine façon afin qu'il nous entande.
On se quitta enfin.
Je n'avais pas fait trois kilomètres que le mobilophone crépitait à nouveau.
C'était une autre voix, une voie émue de femme et elle disait :
"Allo les routiers, ici la maman de Teddy.
Merci les gars, vous êtes, vous êtes de braves types et que Dieu vous protège."
Je n'ai pas su répondre un seul mot. J'ai coupé le radio-téléphone et alors seulement j'ai chialé.
OUI, J'AI CHIALE COMME UN VRAI MÔME"
Christeo
Administratrice
12.07.2010 10:57:23
Les routiers sont sympas...... C'est vrai
Ce n'est pas parce qu'on les caricature avec leur marcel, leur cigarette maïs au coin des lèvres et leur ton bourru qu'ils n'ont pas de coeur...
Blossom
12.07.2010 11:19:33
C'est boulversant
Kiki
12.07.2010 13:42:28
Pause tendresse
Page
1
sur
1
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 8 utilisateurs en ligne : 0 Enregistré, 8 Invités
Utilisateurs enregistrés : Aucun
Powered by
phpBB
© 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par :
phpBB-fr.com